Encourager la coopération dans le secteur agricole et horticole. Partie 1 : Possibilités et problèmes entravant la coopération.

Eline de Regt, Anne Vuylsteke

Mai 2011

Ces dernières années, les producteurs agricoles et les horticulteurs ont été confrontés à des changements incessants tant dans la chaîne alimentaire que la société au sens large. Les changements induisent notamment aussi le besoin d’évolutions dans la production primaire et les canaux de vente de produits agricoles et horticoles. Un recru d’intérêt pour la coopération s’est alors manifesté, de même que pour la plus-value induite par ce biais pour l’agriculteur et l’horticulteur. Comme les investissements exigés (en temps, financiers et en main-d’œuvre) dépassent souvent l’échelle de l’entreprise individuelle, la coopération peut constituer une solution intéressante. C’est pourquoi le présent rapport brosse un aperçu du contexte dans lequel les groupements sont actifs et évoque plusieurs expériences étrangères.

Possibilités
Les changements poussent souvent les agriculteurs à la coopération, mais au bout du compte, la coopération doit surtout être synonyme de plus-values pour les protagonistes. Il est important que tous les partenaires soient d’accord sur la question de la plus-value recherchée, et que celle-ci puisse être traduite dans une vision commune et une stratégie claire. Trois grands groupes d’objectifs peuvent être distingués : (i) l’amélioration de l’efficacité et la réduction des coûts, (ii) l’amélioration du positionnement de l’entreprise et (iii) l’exploitation des compétences complémentaires.

Les différentes formes de création de valeur ajoutée conduisent à différentes activités agrégées du fait des liens collaboratifs. Il s’avère que l’intérêt réside, surtout dans les périodes (financièrement) plus difficiles, dans l’accroissement du rendement par la collaboration. Dans beaucoup de cas, la solution vise une commercialisation commune, laquelle est souvent fondée sur une stratégie de différenciation des produits. Il ressort également, pour un nombre limité de cas, que la collaboration est nécessaire pour la médiation et le lobbying. Il convient donc de créer un climat favorable et d’accompagnement (sur les plans politique, économique, technique et institutionnel) pour les activités du groupement. Enfin, l’objet des groupements est également d’encourager de nouveaux développements et le partage de connaissances.

Problèmes
Coopérer n’est pas seulement synonyme de plus-value pour les exploitations, elle les expose également à diverses difficultés et contraintes. Ces problèmes se posent tant au niveau de l’organisation interne et le fonctionnement (horaires, moyens, travail) du groupement que dans l’environnement au sein duquel le groupement opère. Sur le plan du fonctionnement interne, l’implication dans l’initiative et la confiance jouent un rôle important. Il reste, à côté de cela, beaucoup de pain sur la planche concernant l’accès aux connaissances et à l’accompagnement. De l’analyse d’initiatives étrangères ressort que (sur le plan de l’environnement des groupements) la politique et le cadre institutionnel ne sont pas suffisamment adaptés aux (petits) groupements. La demande et la recherche d’aides sont vécus comme complexes et synonymes de pertes de temps.

Rôle de l’Etat
Les expériences étrangères nous apprennent que l’Etat joue souvent un rôle d’appui lorsqu’il s’agit d’établir des partenariats, mais qu’il est parfois aussi à l’origine de certains goulets d’étranglement et problèmes.

Le rôle auxiliaire de l’Etat peut revêtir plusieurs formes. Par exemple, le besoin de cadre politique stimulant axé sur l’entrepreneuriat du chef d’exploitation se fait sentir. Ce sont les agriculteurs et horticulteurs intéressés qui doivent prendre l’initiative d’entamer une coopération, mais l’Etat doit, de son côté, créer les conditions connexes adéquates.

L’aide accordée diffèrera en fonction de la phase d’évolution du groupement et sera maximale au début. L’Etat peut jouer un rôle (d’accompagnement) surtout lors du démarrage des nouveaux groupements. Son aide, tant financière que non pécuniaire, est très importante pour les groupements.

L’Etat peut organiser son rôle d’accompagnement et de soutien de diverses manières. Ces aspects sont discutés dans le rapport « Encourager la collaboration dans le secteur agricole et horticole. Partie 2 : Possibilités dans le cadre de la Politique rurale européenne ».

Version originale:
Eline de Regt, Anne Vuylsteke (2011)
Stimuleren van samenwerking in de land- en tuinbouw. Deel 1: Mogelijkheden en knelpunten voor samenwerking
Département de l'Agriculture et de la Pêche, Bruxelles.


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