L’activité agricole dans les communes flamandes, épreuve de typologie

Sylvie Danckaert, Sonia Lenders & Andy Oeyen

Septembre 2009

L'objectif de cette étude est de rassembler les communes présentant une activité agricole comparable dans des clusters aussi homogènes que possible afin de donner une image de la concentration et de la diversité de l’agriculture et de l’horticulture flamandes.

La définition de l’activité agricole d’une commune est déterminée à partir des données du recensement agricole de 2007 du Service public fédéral Economie et s’appuie sur deux profils: la répartition du nombre d’exploitations sur une série d’orientations de production, d’une part, et la répartition de la dimension économique (production standard « 2004 ») sur une série de branches d’activité, d’autre part. Vingt-sept entités ont été préalablement exclues, car elles étaient trop industrialisées ou urbanisées. Les autres communes sont regroupées selon une similitude plus ou moins grande de leurs profils, et ce sur la base d’une classification hiérarchique selon Ward (pour définir le nombre de groupes) et d’une réallocation selon le k-means en vue d’accroître la qualité de la classification. Après la réallocation, le modèle présente une qualité explicative de 70%.

Il ressort du clustering que les communes peuvent statistiquement être au mieux réparties en 11 groupes. L’orientation de production ou le groupe de culture le plus récurrent détermine le nom de l’activité agricole. Les résultats sont restitués sur carte afin que la situation et la cohérence spatiale soient visibles.

Les clusters suivants ont pu être identifiés :

  • Amélioration porcine et volailles de la spécialisation (50 communes): principalement situées en Flandre occidentale, le Meetjesland, le Pays de Waes (Waasland), le nord d’Anvers et le nord du Limbourg.
  • Amélioration porcine et volailles – bovins (41 communes): entre Gand et Bruges, sur l’interfluve de la Lys et de l’Escaut et dans la partie nord de la province du Limbourg.
  • Cultures – bovins (34 communes): la région (sablo) limoneuse.
  • Amélioration porcine et volailles – bétail laitier (28 communes): la Campine anversoise.
  • Bétail laitier dominant (28 communes): les Ardennes flamandes – le Pajottenland et réparti à Anvers et dans le Limbourg.
  • Horticulture – bovins (34 communes): environs de Gand, autour des régions présentant une spécialisation pour l’horticulture.
  • Spécialisation dans les fruits (18 communes): autour de Saint-Trond.
  • Légumes – bovins (18 communes): autour des régions présentant une culture de légumes spécialisée ou autour des criées.
  • Amélioration porcine et volailles – légumes (14 communes): la région autour de Roulers.
  • Spécialisation dans les légumes, fraises incluses (12 communes): la région autour de Wavre-Sainte-Catherine.
  • Spécialisation dans l’horticulture, pépinières incluses (10 communes): au sud-est de Gand.

 

Les concentrations et les spécialisations régionales ont le plus souvent une origine historique. Ainsi, la situation des communes présentant une typologie d’amélioration peut en partie être expliquée par l’emplacement de l’industrie d’aliments mixtes et des abattoirs tandis que celles relevant du type des fruits ou des légumes sont aussi concentrées autour des criées et de l’industrie des produits dérivés. La géographie des cultures, de l’élevage laitier et de l’élevage bovin s’explique principalement par des facteurs tenant à la nature des sols : les cultures occupent les terres riches et l’élevage, les sols plus pauvres. L’horticulture ornementale est historiquement concentrée autour de Gand. Lorsque l’on étudie l'histoire de l'agriculture, il s'avère que la méthode de classification appliquée est valable, en d'autres termes : la carte de l’activité agricole illustre bien la réalité.

Les résultats de 2007 ont également été comparés avec les résultats de Lenders (1998). Il en ressort par rapport aux résultats de l’époque que neuf communes peuvent en plus être considérées comme urbanisées et que 94 communes à peine présentaient la même typologie qu'alors. Les autres communes ne présentent plus la même typologie, ce qui indique une certaine dynamique. Ce changement peut être attribué au fait que la Wallonie n’est pas prise en considération, à l’utilisation de la production standard au lieu du solde standard brut (on ne tient plus compte des subsides et des coûts spécifiques au secteur) ou au changement structurel (conversion vers d’autres branches d’activité.

Afin de suivre l’évolution, il serait intéressant de répéter régulièrement l’étude.

Version originale:

Danckaert S., Lenders S. & Oeyen A. (2009)
De landbouwactiviteit in Vlaamse gemeenten, proeve van typologie
Departement Landbouw en Visserij, Brussel.


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