L’agriculture dans une région urbaine verte et dynamique

Sylvie Danckaert, Geertrui Cazaux, Leen Bas & Dirk Van Gijseghem

Avril 2010

Le projet “Flandre en Action” a pour objectif de hisser la Flandre dans le top 5 des régions européennes d’ici 2020. A cette fin, une percée vers une région urbaine verte et dynamique est entre autres nécessaire. Cette étude a pour objectif de vérifier quel peut être le rôle de l’agriculture dans cette région urbaine verte et dynamique et comment ce rôle peut être renforcé dans la pratique et dans la politique.

Les zones péri-urbaines forment aujourd’hui en Flandre principalement le contexte de l’usage de l’espace agraire. Un quart de la superficie agricole et des entreprises se trouvent dans une région urbaine. Suite aux possibilités limitées d’une plus grande amplification (pression sur la base d’autres fonctions), des prix des terrains en augmentation, de la pression environnementale accrue, de la pression des habitants et d’une politique de permis stricte, l’agriculture dans les zones péri-urbaines est sous pression. L’agriculture dans les zones péri-urbaines peut toutefois offrir de nombreux avantages dans les domaines de la sécurité alimentaire locale, de l’emploi social, de l’intégration, de la qualité de vie, de l’éducation, des loisirs, du traitement des déchets, etc. Il ressort en outre de l’étude de Van Huylenbroeck et al. (2005) qu’il y a dans un environnement urbanisé une demande sociale évidente d’une agriculture plus durable et multifonctionnelle. La ville et la campagne peuvent chacune tirer de nombreux avantages de leur proximité, ce qui offre plusieurs opportunités à l’agriculture péri-urbaine. L’agriculture péri-urbaine relie les villes à leur environnement et peut donc être un instrument acceptable, abordable et efficace pour l’urbanisation durable. L’agriculture urbaine peut être considérée comme un processus de transition où la vitesse de la transition est définie par le cadre organisationnel et institutionnel, le type d’entreprise et le sens de l’entreprise de l’agriculteur.

L’opposition entre la ville et la campagne est assez fortement institutionnalisée dans la politique. La politique européenne distingue la politique rurale européenne avec un fonds RDP et la politique de cohésion territoriale européenne avec le FSE et le FEDER. Il existe en Flandre une politique urbaine avec un fonds des villes correspondant et une politique rurale avec fonds de cofinancement pour le développement rural. Il existe aussi dans l’aménagement de l’espace en Flandre des initiatives de planification qui sont orientées vers la délimitation et le renforcement des villes et la lutte contre de nouveaux développements dans la périphérie. Il ressort de la délivrance d’autorisations aux agriculteurs que la division impropre entre la ville et la campagne se heurte aussi à la politique sectorielle. On tient actuellement peu compte, à tous les niveaux de politique, des nombreuses zones de transition entre la ville et la campagne, qui sont toutefois caractéristiques de la Flandre péri-urbaine. Il ressort cependant d’une étude des documents qui donnent une idée de la future politique souhaitée que l’interaction entre la ville, la périphérie et la campagne figure de plus en plus à l’agenda des différents partenaires et autorités et que les objectifs des documents de politique urbaine recouvrent plusieurs avantages de l’agriculture urbaine. Nous pouvons en conclure que l’agriculture urbaine peut donc contribuer à la réalisation des objectifs urbains.

Les relations ville-campagne peuvent être renforcées en répondant aux demandes sociales de la ville et donc en élargissant et en approfondissant l’agriculture. Nous avons essayé dans cette étude de démontrer qu’une approche intégrale était nécessaire dans les zones péri-urbaines. Il faut pour cela que le cadre institutionnel soit corrigé et que l’agriculture et l’horticulture deviennent à nouveau acceptables dans la zone urbaine. Une politique cohérente est nécessaire. Une stratégie sur mesure doit être développée, on peut se concentrer sur la coopération et l’échange de connaissances, les structures peuvent être renforcées (distribution, marketing, travail en réseau). L’engagement politique est lui aussi essentiel. Cet engagement ne viendra que si les citadins considèrent l’agriculture comme un élément nécessaire dans le développement durable des villes. Nous avons besoin pour cela de plus de communication et de sensibilisation. Une implication émotionnelle doit être créée, l’agriculteur et le citadin doivent à nouveau entrer en contact. Le fait de rendre les initiatives existantes visibles et de les soutenir peut aider à lancer de nouvelles initiatives. Il convient aussi de chercher de nouveaux moyens de financement pour que l’agriculture près des zones urbaines reste abordable.

Ces recommandations peuvent contribuer d’une part à la reconnaissance du rôle de l’agriculture dans une région urbaine verte et dynamique et d’autre part à ce que l’agriculture soit considérée d’un point de vue urbain comme étant une option réelle afin d’aider la réalisation de cette percée.

Version originale:

Danckaert S., Cazaux G., Bas L. & Van Gijseghem D. (2010)
Landbouw in een groen en dynamisch stedengewest
Departement Landbouw en Visserij, Brussel.


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