Sources de protéines alternatives pour la consommation humaine. Une reconnaissance

Geertrui Cazaux, Dirk Van Gijseghem, Leen Bas

Janvier 2010

Pour des raisons d’approvisionnement alimentaire global, de mondialisation, d’impact sur les pays du Tiers-Monde, d’hygiène environnementale, de santé et de bien-être animal, on estime que le mode de production actuel de protéines animales n’est pas durable à long terme. On peut d’une part essayer de limiter ces conséquences négatives et par exemple diminuer la contribution de l’élevage aux émissions de gaz à effet de serre et aborder les problèmes d'hygiène environnementale. D’autres changent complètement de direction et recherchent des solutions s’éloignant de la production de protéines animales classique.

Un nouveau rapport donne un aperçu de ces développements.

Les Novel Protein Foods (NPF) sont des produits à base de protéines et de micro-organismes végétaux. Une large diversité d’alternatives végétariennes est déjà disponible sur le marché : seitan, tofu, viande de soja, tempeh, quorn et produits végétariens à base de lupins. Il existe en outre des boissons lactées qui ne sont pas à base de produits laitiers (comme le « lait de soja ») et des substituts d’œufs. Certains avancent aussi la production de viande « éprouvette » ou de viande in vitro en tant qu’alternative possible. Un projet d’étude est en cours aux Pays-Bas et vise à prélever des cellules-souches uniques d’un embryon de porc, qui se développent ensuite dans un bioréacteur, grâce à milieu de culture, en cellules musculaires. La viande « éprouvette » serait tout d’abord une alternative pour la partie inférieure du marché de la viande : hachis, boulettes et fricadelles. Les insectes, dont les sauterelles, les grillons, les chenilles, les coléoptères, les fourmis, les abeilles, les guêpes, les termites, les papillons et les teignes, font partie intégrante du régime alimentaire dans de grandes régions du monde. Certains considèrent donc les insectes comme une source de protéines alternative possible chez nous. La consommation d’algues marines et d’algues trouve son origine en Asie, mais la demande de ces produits se répand. Nous faisons une distinction entre les micro-algues (généralement commercialisées en tant que compléments alimentaires sous forme de comprimés) et les algues marines qui, séchées ou non, sont vendues comme des légumes marins.

L’introduction ou le développement réussi de ces produits alternatifs dépend de nombreux facteurs. Les substituts de viande, les boissons lactées qui ne sont pas à base de produits laitiers et la viande « éprouvette » doivent répondre à de nombreux critères avant d’être acceptés par le consommateur : ils doivent avoir bon goût, présenter un prix attractif, pouvoir être conservés longtemps, être sains et plaire à un large public. L’interaction entre le producteur et le consommateur sera déterminante à ce niveau.

Le développement et l’application de nouvelles sources de protéines pour la consommation humaine peuvent être considérés comme une menace pour l'agriculture flamande. Suite aux modèles de consommation changeants et à l’importation de sources de protéines alternatives principalement développées et produites à l’étranger, les ventes intérieures de produits (à base de viande) flamands pourraient être mises sous pression. Une commercialisation réussie de la viande « éprouvette » pourrait entraîner une forte diminution de la demande mondiale de viande classique. La culture ou l’élevage de sources de protéines alternatives (algues, insectes, matières premières pour les NPF et, peut-être à l’avenir, la viande « éprouvette ») peut également offrir à l’agriculteur flamand des opportunités de percer dans de nouveaux marchés.

Les Pays-Bas sont déjà bien avancés au niveau des recherches. Plusieurs groupes de recherche sont actifs dans ce domaine. En Flandre par contre, nous ne connaissons aucune initiative de recherche se concentrant largement sur cette matière.

Version originale:

Cazaux G., Van Gijseghem D. & Bas L. (2010)
Alternatieve eiwitbronnen voor menselijke consumptie. Een verkenning
Departement Landbouw en Visserij, Brussel.


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